Parmi les départements français, le Cher est caractérisé par une évolution démographique bien particulière: la place du 3ème âge et du 4ème âge va devenir prépondérante dans les années et décennies à venir. Il importe donc d'anticiper la montée en puissance des besoins et de développer des politiques adaptées, pour répondre dans les meilleures conditions possibles à cet enjeu majeur de société.
CHER AVENIR poursuit sa réflexion collective pour dégager des actions nouvelles en vue d'améliorer les conditions de vie de nos aînés...
> Voir les propositions de la démarche OBJECTIF 2010 de Cher Avenir.

Par Michel AUTISSIER,
Conseiller général d’Aubigny-sur-Nère, 1er Vice-Président de CHER AVENIR
L'Etat s'implique face au vieillissement de la population
Le Gouvernement souhaite également que le nombre de places en hospitalisation à domicile passe à 15 000 en 2010 (pour 8 000 aujourd’hui).
Ces avancées très significatives voire ambitieuses sont issues de plusieurs constats :
- augmentation de la population âgée dépendante, de 800 000 en 2006 à 1,2 million en 2040
- 80% de la population concernée souhaite le maintien à domicile
- augmentation des maladies neurodégénératives (12% de la population > 70 ans) nécessitant l’aménagement équilibré de structures spécifiques (800 000 en 2006, 1,2M en 2040).
A la lecture du Schéma départemental en faveur des personnes âgées du Cher présenté récemment, on peut s’interroger sur la pertinence des réponses apportées.
Tout d’abord ce rapport qui comporte de louables intentions est rédigé d’une manière totalement indigeste, noyant les orientations dans un jargon psycho social qui mérite une relecture plus épurée et dont la trame essentielle devrait être :
Comment permettre aux personnes âgées dépendantes (ou non) de vieillir dignement où bon leur semble, en tenant compte de leurs ressources, de la participation des familles et des possibilités non épuisables des collectivités locales et de l’Etat ?
Ce constat porté, il apparaît bien sûr nécessaire de faire le point sur l’existant et d’envisager les compléments indispensables à la répartition équitable des infrastructures nécessaires à sa mise en place sur le département.
Où sont les cartes faisant le point sur le rôle de chacun dans le maintien à domicile et sur les zones à équiper préférentiellement ?
On parle sans cesse de coordinations mais où est la place des milliers d’intervenants libéraux impliqués dans ce schéma et dont on ne parle qu’en filigranne…
On a depuis quelques années transformé les maisons de retraite plus ou moins médicalisées en E.P.H.A.D. (Etablissements pour personnes dépendantes justifiant des soins et une surveillance plus rapprochée), ceci pour répondre à l’augmentation de la dépendance et des pathologies croissantes des personnes entrantes en institution.
C’était une mesure que tous les professionnels de santé ont souhaité et bien compris (même si de temps à autre les transitions n’ont pas été très respectueuses des services rendus par les professionnels libéraux).
Quoi qu’il en soit, c’était une reconnaissance de la nécessité de soins justifiant un encadrement important, qualifié et performant.
Quittant leur domicile le plus tard possible et de plus en plus en état de dépendance, nos aînés ont besoin de structures complémentaires des M.A.R.P.A, avec un encadrement adapté à leur prise en charge, leur évitant un second changement de domicile en fin de vie.
Il faut à ce titre prendre garde à ne pas créer des maisons de retraite à « bon marché » où l’encadrement recherché n’existera pas mais où les gens souhaiteront cependant finir leur vie pour ne pas avoir à changer une fois de plus de domicile.
On pourrait parfaitement imaginer des petites unités de 6 à 10 appartements avec une maîtresse de maison, réparties de manière concentrique autour d’une structure E.P.H.A.D. mais il faut absolument éviter les résidences de grande envergure qui à l’instar de ce qui s’est passé avec les foyers logements déboucheront sur des problématiques de permanence des soins et d’excès de coût de revient.
Ce n’est pas de l’aménagement du territoire mais une réponse inadaptée au besoin réel et à la rigueur budgétaire qui doit l’accompagner.
Alors que la loi tend vers un accompagnement professionnel très rapproché, on se doit de privilégier et d’aider financièrement :
Il faut qu’une cartographie lisible de la politique souhaitée soit réalisée avec de surcroît une étude objective des coûts engendrés et des répercussions inévitables sur le budget d’aide sociale financé avant tout par l’impôt.
En conclusion, OUI à la solidarité, qui à priori n’a pas de prix, mais qui peut avoir un coût dont l’estimation est nécessaire.
Nous nous devons d’être lisibles, sincères et gestionnaires avisés des comptes publics.
En 2030
40%
de la population du Cher
aura plus de
60 ans
85 ans
Âge moyen d'admission
en établissement spécialisé
92ème / 96
Rang accordé au Cher
pour l'offre de soins
selon le classement publié par L'Express en mai 2006
(enquête comparative sur les 96 départements de métropole)