UN DOSSIER A SUIVRE ...
quelles incidences aura, pour les industries et les implantations liées à la Défense Nationale dans le Cher (ESAM, ETBS, etc.), l'adoption du futur Livre Blanc sur la Défense, qui doit être présenté officiellement d'ici l'été 2008 ?
L'armement dans le Cher: ne pas se tromper de cible.
Certains élus du Cher fustigent "le manque de soutien de l'Etat" aux industries de l'armement dans le Cher: ce sont les mêmes qui tractent dans les rues de Bourges pour expliquer que "la priorité, c'est de réduire le budget de la défense" et qui votent effectivement contre les crédits de la Défense, tous les ans...
BIZARRE, vous avez dit BIZARRE? Examinons les choses d'un peu plus près...
Les industries de l'armement occupent une place bien particulière dans le paysage berrichon. Elles ont marqué de leur empreinte l'histoire économique et sociale du Cher, depuis l'époque où les pouvoirs publics décidèrent, après l'invasion de 1870, d'implanter ces productions stratégiques loin des frontières de l'Est.
Après des décennies de prospérité auxquelles différentes branches de l'armement (artillerie et munitions dédiés aux systèmes d'armes terrestres, missiles et aéronautique) auront contribué dans notre département, le contexte a aujourd'hui bien changé. Les causes du changement sont plus complexes qu'il n'y paraît, mais la responsabilité des élus ne saurait être éludée.
Une mutation profonde
Une mutation, d'abord, pour cause d'écroulement du Mur de Berlin, qui a conduit à remettre en cause la plupart des grands programmes d'équipements, dont la viabilité économique reposait pour une bonne part sur les économies d'échelle que permettait la production de longues séries.
Ces grands programmes, dont certains sont restés emblématiques (char Leclerc, avion Rafale), avaient été conçus dans la perspective d'une agression soviétique en Centre-Europe, menace qui a aujourd'hui disparu avec l'effondrement du communisme, ce dont on ne peut bien sûr que se réjouir.
Une mutation, ensuite, qui tient à l'évolution du marché mondial.
Les productions d'armement, tous secteurs confondus, se sont adaptées à la nouvelle donne et ont fait l'objet de profondes restructurations industrielles et capitalistiques, aux Etats-Unis comme en Europe, depuis le milieu des années 1990. Un phénomène de concentration des moyens qui est aussi devenu incontournable, face à la croissance vertigineuse du coût des systèmes, de plus en plus complexes et produits en séries beaucoup plus réduites.
Dans le secteur aéronautique par exemple, l'industrie américaine qui ne comptait pas moins de 19 producteurs en 1945, n'en comptait plus que 4 ou 5 en 1990, et aujourd'hui plus que 2 (Northrop-Grumann et Boeing). Avec quelques années de décalage, la réponse européenne est venue avec la mise en place du consortium EADS, dont la filiale MBDA, fortement implantée à Bourges, est aujourd'hui devenue le premier fournisseur mondial de systèmes de missiles tactiques.
...Et celui des industries terrestres.
L'évolution a été plus difficile dans le secteur des armements terrestres, du fait d'une tradition étatiste plus ancrée, héritée de la tradition des arsenaux d'ancien Régime.
Le fleuron de nos industries terrestres, GIAT Industries, dont l'excellence n'était pas en cause mais qui a subi de plein fouet ces bouleversement, a ainsi accumulé plus de 4 milliards d'euros de pertes (26 milliards de FF) en 10 ans, supportées par le budget de l'Etat.
C'est dans ce contexte que la loi de Programmation militaire 2003-2008 a fixé l'objectif de conserver "un pôle compétitif de construction d’armement terrestre et stratégique", tout en tenant compte de la nécessaire recherche de synergies avec les autres acteurs européens de matériels terrestres.
Le Groupe GIAT, récemment devenu NEXTER, inscrit son redéploiement dans cette démarche. Mais les conséquences économiques et sociales ont été lourdes à supporter, et ont un impact considérable sur le bassin d'emploi de Bourges.
A l'échelle locale...
Il est bien sûr de la responsabilité de tous les élus locaux concernés de s'assurer que tout soit mis en oeuvre pour accompagner, dans les meilleures conditions possibles, la reconversion des sites et permettre de dégager des solutions pour les personnels touchés par les mesures de restructuration.
La mise en place avec l'Etat, dès les années 90, du FRED (Fonds pour les Restructurations de la Défense) et la signature d'un Contrat de Site ont contribué à répondre à cet objectif.
...et à l'échelle nationale.
Ce soutien local n'a de sens que dans la mesure où il est relayé au niveau des choix budgétaires de la Nation. En effet, même si le modèle d'amortissement des investissement en matière d'armements repose pour une part importante sur la vente à l'export des matériels, le niveau des commandes passées par l'Etat - pour répondre aux besoins de la Défense nationale - continue à jouer un rôle essentiel dans l'équation économique de ce secteur industriel bien particulier.
Depuis 5 ans et pour la première fois depuis longtemps, le Gouvernement et le Parlement ont respecté les engagements fixés par la loi de programmation militaire (celle couvrant la période 2003-2008).
Ce rattrapage budgétaire est cependant intervenu après des années de coupes sombres dans le budget de la Défense, voulues par les majorités PS-PCF, qui avaient abouti à un état de délabrement sans précédent de l'équipement de nos armées, à l'issue du Gouvernement dit de la Gauche Plurielle.
Certains parlementaires, qui ont été complices de cette politique désastreuse, continuent pourtant - encore aujourd'hui - à voter systématiquement contre les crédits d'équipement de la Défense Nationale.
Là où le bât blesse...
Le problème aujourd'hui, c'est que ce sont les mêmes qui, tout en prétendant défendre la cause de l'armement à Bourges et dans le Cher, continuent au nom de leur idéologie communiste à voter contre les crédits que l'Etat pourrait y consacrer, lorsque intervient chaque année au Palais-Bourbon le vote des crédits de la loi de Finances affectés à la Défense.
Même si on ne l'approuvait pas, il y avait une certaine logique à cette attitude, de la part des parlementaires du PCF, lorsqu'il s'agissait pour eux d'affaiblir volontairement la France face à l'URSS, comme ils ont essayé de le faire pendant des décennies.
Mais une telle attitude apparaît cependant, aujourd'hui, parfaitement incompréhensible...
Il est temps que cesse cette imposture et que chacun assume ses responsabilités.
Il en va de la crédibilité des élus et du respect que chacun de nous doit avoir, vis-à-vis de l'ensemble des hommes et des femmes qui oeuvrent, dans notre industrie de Défense mais aussi dans nos forces armées, sur le territoire du Cher et ailleurs.
Difficultés économiques dans l'industrie du Cher: Les élus réagissent (décembre 2006)
BUDGET DE LA DEFENSE
1997-2002
l'héritage JOSPIN
- 0,9%
Source:
Sénat, rapport 117 (2002-2003) du Sénateur Serge Vinçon
sur la programmation militaire 2003-2008
Loi de programmation
2003-2008:
pour la première fois
depuis des décennies,
les crédits votés
sont à la hauteur