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L’EDITO
Vous avez pu remarquer, comme par hasard juste après mon élection au Sénat, une opération téléguidée attaquant le système des aides compensatoires de la PAC et me citant directement, en tant qu’agriculteur et élu, dans des termes diffamatoires.
Je tiens donc à vous réaffirmer ma volonté de travailler dans la sérénité en continuant à me battre pour notre département, nos communes rurales et urbaines, et résoudre les difficultés que connaissent l’ensemble des socio-professionnels quels qu’ils soient.
Je trouve ce procédé et ces attaques personnelles lamentables et inacceptables.
Alors, je saisis l’occasion pour vous donner quelques explications. Rien ne m’y oblige et si je le fais, c’est mon libre choix, car on ne peut pas laisser dire tout et n’importe quoi. Cela me permet également de vous apporter un éclairage sur la nouvelle PAC
Tout d’abord, je revendique le droit d’avoir une vie professionnelle, une vie privée et une vie publique. Rien ne m’empêchera de continuer à me battre pour conserver la liberté d’agir pour l’une et l’autre…Ou alors tout élu devrait démissionner de sa fonction professionnelle ou arrêter son métier et se consacrer uniquement à la vie publique !
Ce n’est pas ma conception des choses dans un pays qui se veut démocratique et libre d’entreprendre, permettant ainsi d’avoir le sens des réalités.
J’exerce la profession d’agriculteur depuis 30 ans, bien avant d’avoir été élu au niveau départemental et national. Pendant tout ce temps, j’ai œuvré pour pérenniser et développer mon exploitation, comme tout chef d’entreprise.
Comme l’ensemble du monde agricole, j’ai subi les différentes politiques agricoles communes successives que nous n’avons ni souhaitées, ni décidées.
Je suis le premier à regretter le système qui nous est imposé et nous n’avons pas à être culpabilisés pour cela : ma volonté est en effet de continuer à défendre une PAC qui permettra de proposer des prix rémunérateurs pour que tous les agriculteurs puissent vivre dignement de leur métier, sans subir les assauts répétés, jusqu’au harcèlement, de ceux qui ne connaissent pas véritablement le problème.
Quand on parle du montant des aides, pour ce qui me concerne, il faut considérer le nombre de personnes actives qui vivent sur l’exploitation : je m’honore, pour ma part, de fournir du travail à 5 personnes, leur permettant ainsi de faire vivre leurs familles. Devrais-je en avoir honte ?
Une des responsabilités d’un agriculteur est de donner envie aux jeunes de s’installer et de transmettre son outil de travail. Je suis fier d’avoir commencé à remplir cette mission.
Voilà la réalité des choses : il est navrant que certains veuillent jeter le discrédit sur une profession en particulier, à des fins politiques.
Les agriculteurs dont je fais partie n’ont pas à rougir de ce qu’ils ont fait et de ce qu’ils font. Une grande partie des choix, hélas, ne leur appartient plus.
J’avais à cœur de ramener le débat aux justes réalités du terrain, en vous communiquant ces quelques éléments. L'important pour moi est d'être honnête avec son passé et courageux pour l'avenir du Cher.
Rémy POINTEREAU
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