| Quelques nouvelles du Conseil général... |
Les élus du Conseil général du Cher se sont réunis en session le 16 octobre dernier, avec à l'ordre du jour le vote de ce que l'on appelle, dans le jargon, la "décision modificative n°2". Il s'agit en fait des ajustements financiers (transferts, annulations ou rallonges de crédits) que nécessite le budget du Conseil général, en fonction de l'état d'avancement des actions prévues aux différents chapitres budgétaires votés en début d'année.
Mise à mal par les conclusions de l'enquête Cher 2015, qui a mis l'accent sur les priorités que constituent pour les habitants du Cher l'action économique et la création d'emplois, la majorité a essayé de donner le change dans la presse locale en annonçant dans un communiqué ronflant une "rallonge de crédits de 620 000 € en faveur de l'économie".
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 Rattrapage de dernière minute
La réalité qui se dégage d'un examen un peu plus attentif des dossiers apparaissait nettement moins flatteuse: certes, le FDATIS (Fonds départemental d'Aide au Tertiaire, à l'Industrie et aux Services), mis en place sous l'ancienne majorité, bénéficie d'un abondement de crédits non négligeable.
Cependant cet abondement ne résulte pas tant en fait d'un nouvel effort financier du Conseil général que d'un simple redéploiement de crédits, qui n'ont pas été consommés, au sein de l'enveloppe budgétaire consacrée à l'économie. C'est par exemple le cas des "acquisitions foncières destinées à des zones à vocation économique" (- 100 000 €), de l'intervention en faveur des PME-PMI, "pas applicable avant 2007" (- 40 000 €), des études économiques consacrées par exemple au schéma départemental sur les zones d'activité, aux crèches interentreprises, etc. (- 50 000 €), ou encore le financement des pôles de compétitivité (- 15 000 €).
La vraie question était donc bel et bien de savoir pourquoi la collectivité départementale n'avait pas su mettre en oeuvre tous ces autres programmes, qui restent lettre morte ou qui, au mieux, tournent au ralenti.
La réponse réside malheureusement dans le fait que l'actuelle majorité, en dépit de la bonne volonté et de la lucidité de certains de ses élus, s'est assignée d'autres priorités que le développement économique: "gratuité" des transports scolaires, pour un coût de 1,3 M€, alourdissement de l'organigramme des services (quasi doublement du nombre de postes de direction en 2 ans), subventions massives et sélectives à certaines associations et à certaines activités culturelles, etc. |
La démarche Objectif 2010 de Cher Avenir reprise par les élus |
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L'examen et le vote du budget occupaient bien sûr une part essentielle du travail des conseillers généraux, mais c'est un autre dossier qui a créé l'évènement de cette journée de session.
C'est en effet à l'occasion de l'examen d'une proposition de l'exécutif visant à rajouter 37 000 € de crédits supplémentaires pour l'opération Cher 2015, venant s'ajouter aux 100 000 € déjà votés en janvier dernier, que les élus du groupe d'opposition Avenir pour le Cher ont interpellé le Président Rafesthain.
Il ne s'agit pas, expliquaient les élus, de critiquer le bien-fondé de l'opération, puisqu'un consensus existe de longue date entre les élus sur la nécessité d'une réflexion prospective sur l'avenir du département du Cher". En revanche, il est regrettable de constater l'absence totale de consultation des élus d'opposition (17 élus sur 35, soit 49% de l'Assemblée départementale) dans la conception et la mise en place de l'opération, sachant que la démocratie participative était supposée être un point fort de Cher 2015.
Le Sénateur Rémy Pointereau a fait part du travail de réflexion engagé par les élus d'opposition depuis 2004, "dans un esprit constructif", travail qui s'est librement inspiré d'une longue série d'échanges "avec les élus, les forces vives et les habitants du département", faisant implicitement référence, notamment, à l'action de l'association Cher Avenir.
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Travailler dans un esprit constructif
Le Président du Groupe Avenir pour le Cher a symboliquement remis au Président du Conseil général, Alain Rafesthain, un exemplaire du document Objectif 2010, inspiré de l'expérience récemment conduite par le Conseil général de l'Allier. Il s'agit d'un "bilan d'étape, qui a vocation à évoluer au gré des nouvelles réflexions recueillies", mais qui comporte d'ores et déjà de nombreuses propositions d'actions concrètes qui pourraient être mises en oeuvre à un horizon 2010, selon le groupe d'opposition.
En guise de conclusion, Rémy Pointereau a demandé au Président du Conseil général "de (nous) montrer que vous êtes enfin réellement disposé à écouter notre point de vue et à tenir compte de ces propositions d'intérêt général que nous formulons, dans un esprit constructif, pour l'avenir du Cher et de ses habitants".
Alain Rafesthain s'est engagé publiquement à examiner le document et a pris acte de la volonté du groupe d'opposition d'apporter son concours à la définition d'un programme d'action pour l'avenir du département. Reste à voir si ces paroles seront suivies d'effet...
Rendez-vous est pris pour la session de décembre 2006, lorsque l'exécutif soumettra son projet pour 2015 au suffrage des conseillers généraux.
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