LETTRE N°4
D’ACCORD ! PAS D’ACCORD ? réagissons encore plus vite à l'actualité.
L’EDITO

 
Chers Amis,
Vous étiez plus de 300 à participer au débat que nous avons organisé le 14 octobre dernier à Vierzon en compagnie de Brice TEINTURIER, Directeur du Département Politique & Opinion de TNS-SOFRES, spécialiste des comportements politiques et des opinions publiques.

Cette soirée, riche d’enseignements, nous aura permis d’examiner « à la loupe » les perceptions de nos concitoyens vis-à-vis de leurs élus, et en tirer, d’ores et déjà, quelques leçons majeures.

Premier constat : une très forte anxiété de la population quant à son avenir et à sa capacité à affronter les difficultés du quotidien, avec le sentiment, pour 55% des gens, que l’on vit moins bien aujourd’hui qu’hier, et que la situation des Français va stagner (44%) ou même se détériorer (52%), 4% seulement des personnes interrogées pensant que les choses vont s’améliorer à l’avenir!

Second constat : la défiance vis-à-vis des hommes politiques, avec 56% de gens qui estiment que ceux-ci s’intéressent « très peu ou pratiquement pas » à leurs problèmes, et 88% qui jugent négativement l’action des pouvoirs publics en matière de lutte contre le chômage. Nos concitoyens estiment être mal représentés, que ce soit par les partis politiques (75%), les syndicats (81%) ou par un homme politique en particulier (75%). L’abstention électorale, en progression constante depuis 25 ans, est aussi là pour le démontrer.

Le tableau ainsi dressé apparaît bien sombre, mais on peut cependant relever plusieurs autres faits encourageants. Qu’on en juge :

D’abord, cette étude révèle – certes pas la disparition – mais tout au moins la relativisation du clivage droite-gauche dans notre pays et surtout le rejet des positions extrêmes marquées par le dogmatisme. C’est le signe que nos concitoyens font plutôt confiance au pragmatisme, au bon sens qui le plus souvent est le propre des élus de terrain.

Seconde note qui incite à l’optimisme, 86% de la population estime que l’exercice du droit de vote est un acte important et constitue comme tel un devoir que chacun doit accomplir.

Plus profondément, l’étude de Brice Teinturier révèle que c’est une autre relation, un autre rapport au pouvoir que les gens réclament : un rapport de proximité, d’écoute, plus proche du terrain et des véritables préoccupations de la population.

Dans ce nouveau contexte qui émerge depuis quelques années, les attentes de la population se tournent plus que jamais vers certains acteurs qui seront amenés à jouer un rôle de plus en plus important : il s’agit, d’une part, des élus locaux (maires, conseillers généraux) mais aussi des associations, qui sont ainsi, (et de loin – à 52%) jugées les plus aptes à faire des propositions pour moderniser notre pays.
Avec ses élus, ses adhérents et tous ceux qui à nos côtés continuent à croire que l’intérêt général n’est pas un vain mot et qui veulent réfléchir et agir pour construire l’avenir de notre département, CHER AVENIR entend être à la hauteur de ce rendez-vous avec nos concitoyens. Nous en reparlerons très prochainement.
Soyez assurés, Chers Amis, de mon profond dévouement pour le Cher.

Rémy POINTEREAU
Président de CHER AVENIR


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LA SOIREE DU 14 OCTOBRE

Quelques-unes de vos nombreuses interrogations…

Face au désintérêt de la population vis-à-vis des politiques et à l’abstention de plus en plus forte, comment les élus peuvent-ils regagner en crédibilité ?
Réponse : il y a un besoin très nettement exprimé pour une plus grande proximité des élus avec leurs électeurs, qui passe par un besoin de participation, d’écoute et une meilleure prise en compte des préoccupations quotidiennes des gens. On attend aussi des responsables politiques qu’ils aient un projet, une capacité à proposer des solutions concrètes, en évitant deux écueils : le renoncement (« le politique ne peut rien faire face à l’économique ») et la démagogie (formuler des promesses irréalistes, qui ne pourront pas être tenues).

 
L’exemple allemand de « grande coalition » (entre la gauche sociale démocrate et la droite démocrate chrétienne, à l’issue des législatives du 18 septembre 2005) auquel on vient d’assister ne pourrait-il pas inspirer la politique française ?
Réponse : l’expérience apparaît en effet très séduisante, mais il faut bien comprendre que la culture politique chez nos amis d’outre-Rhin est très différente de la nôtre. Le risque, surtout, est qu’en cas d’échec simultané des deux grands partis, la seule alternative soit laissée aux extrêmes… Cela dit, cette analyse, pertinente pour les échéances nationales, ne vaut pas pour les élections locales, où la recherche pragmatique d’une solution de compromis est souvent la plus prometteuse.

 
Quand on est élu par 51% des électeurs, comment faire pour représenter également les 49% qui ne vous ont pas choisi, sans pour autant flouer vos 51% de supporters ?
Réponse  : il est vrai que ce n'est pas toujours une démarche très aisée, car en démocratie on a très rarement (pour ne pas dire jamais) 100% de gens qui sont d’accord sur un même sujet. L’essentiel pour l’élu est de convaincre qu’il agit dans l’intérêt général, plutôt que pour telle ou telle fraction de la population, mais tout cela en prenant garde de ne pas trahir les engagements pris pendant la campagne.

 
Il y a souvent, en France, un manque de démocratie interne au sein des partis politiques, qui explique sans doute (entre autres facteurs) la désaffection qu’ils subissent. Quelle analyse peut-on en faire ?
Réponse  : il est vrai que le mode de désignation des candidats au sein des principaux partis politiques français n’a jamais été totalement satisfaisant, sur le plan de la participation des adhérents, des militants, etc. Cependant, on est peut-être en train d’assister, depuis relativement peu de temps, à un changement assez profond, au sein notamment de l’UMP mais aussi par exemple du PS, pour mieux prendre en compte la voix des adhérents. Mais ce processus prendra nécessairement du temps pour aboutir à un résultat tangible.

 
Le cumul des mandats est régulièrement critiqué, cela ne date pas d’hier : n’y a-t-il pas un juste milieu à trouver, et qu’en pensent véritablement les électeurs ?
Réponse : sur ce point, les études d’opinion démontrent un bien curieux paradoxe. D’un côté, en effet, nombreux sont nos concitoyens qui critiquent les « cumulards » et se prononcent contre tout cumul de mandats. De l’autre cependant, on constate que les électeurs favorisent presque toujours, par leur vote, les candidats qui détiennent simultanément des mandats locaux et nationaux. En fait, c’est la proximité du mandat local qui apparaît, une fois de plus, comme un critère essentiel pour garantir que l’élu conserve un ancrage sur le terrain et qu’il garde « les pieds sur terre », tandis que le mandat national est perçu, à juste titre, comme le gage d’une certaine capacité à influencer les pouvoirs publics au niveau national.


Les grandes idéologies du XXème siècle ont disparu et ce n’est plutôt pas un mal. Mais comment faire pour retrouver et faire partager à nos concitoyens un grand projet, une vision collective pour l’avenir ?
Réponse  : l’étude présentée montre bien qu’il y a un phénomène d’individualisation des comportements (qui ne se résume pas au simple individualisme), où chacun se reconstruit une identité, des valeurs, et choisit de lui-même d’appartenir à tel ou tel groupe. Les gens en ressentent un plus grand sentiment de liberté, mais aussi d’incertitude sur l’existence.
Dans ce nouveau contexte, il revient à nos élus d’être capables de fédérer les énergies et les bonnes volontés autour de valeurs fortes, pour ensuite construire un projet d’intérêt général susceptible de mobiliser le plus grand nombre.
Mais attention, car si les gens ont besoin de rêver, il n’est pas question de leur promettre n’importe quoi pour autant : le souhaitable doit tout de même rejoindre le possible. Contrairement à ce qu’on entend parfois, les électeurs sont adultes et savent faire preuve de bon sens pour juger les promesses qui leur sont faites.

 
Finalement, quelles sont les caractéristiques idéales que l’on est droit d’attendre d’un élu ?
Réponse  : si la perfection n’est pas de ce monde, on peut tout de même penser que les principales qualités que nos concitoyens attendent aujourd’hui de leurs élus se résument à quelques mots-clés : un comportement clair et loyal, un sens aigu de la disponibilité, de l’écoute et du dialogue, et une capacité à formuler et à mettre en œuvre un projet structuré, de façon pragmatique et réaliste.

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